Monsieur Ronchon et l'atelier Loisirs créatifs

Publié le par M. G.

 

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M. Ronchon et Amédée se parlent un matin au croisement des rues de Bartrès et du Rieutord, en observant les voitures qui ralentissent avant le stop de l’église…

Amédée :

- « Alors, Monsieur Ronchon, comment ça va ? Il parait que vous êtes allé à la rencontre des membres de l’atelier loisirs créatifs d’A.D.E. ?

- Bonjour Amédée, oui, c’est vrai. J’y suis allé sans me faire trop d’illusions, encouragé par l’ami Jeannot, le coprésident.

- Ah ! Racontez un peu, Monsieur Ronchon !

- Et bien, une dizaine de femmes se réunit, se met autour d’une table ; ça papote, ça tricote. Qu’elles s’en aillent toutes !

- Comment ? Ho, du calme, mon brave !

- C’est de la tromperie, un scandale !

- Bon, je vois qu’il faut que je corrige, une fois de plus, vos propos un tantinet délétères, je dirais. C’est vrai qu’elles papotent en tricotant, mais elles font aussi de la peinture sur objet, elles échangent des bons tuyaux, elles s’abonnent à une revue spécialisée pour avoir une trame de travail.

- Pour le magazine, je peux me débrouiller tout seul chez moi. Y en a marre de ces cercles fermés, de ces mini clubs qui tournent en rond ! Il  y a déjà les manifestations des vide-greniers, les magasins à bas prix ou encore les dépôts Emmaüs, pour trouver des objets. Et, en plus, des bibelots, on en a trop à la maison, il faut DE-BA-RRA -SSER.

- Voyez-vous, Monsieur Ronchon, j’appellerais plutôt ceci un groupe relationnel qui permet des échanges. Ça c’est primordial ! Qui dit échanges dit amitiés ; qui dit amitiés dit projets et ainsi de suite…

- Je vois, mais dans le cas présent, c’est plutôt fermé comme échange ; comment y rentre t-on dans votre cercle d’opinion ?

- Oui et non, c’est vrai qu’elles se connaissent bien maintenant, mais la porte des candidatures n’est pas fermée, pour peu que la personne intéressée se fasse parrainer, ou plus exactement « marrainer »,  par l’une des membres. Cela permettra de conserver une certaine homogénéité de compagnie.

- Ah, c’est donc du piston ! Nous y voilà !  C’est une honte !

- Arrêtez votre daube, Monsieur le schtroumpf grognon, vous mélangez tout. Nous sommes dans le milieu associatif bénévole, humaniste et constructif. Elles ont peint la boîte aux lettres de Noël, fabriquée par Gilbert, l’époux de l’une d’entre elles, en décembre dernier. Elles ont également fabriqué, de toutes pièces, un tapis d’éveil pour les lectures de contes.

- Ah, les lectures de contes, parlons-en, si tu veux bien, Amédée ! J’y suis allé le samedi matin, à 11h, près de l’école. J’aurais mieux fait de me casser une jambe !

- Pardon ?

- Et bien j’ai vu et entendu deux lectrices paresseuses et quelques enfants assis parterre, avec leurs parents derrière. Pour faire ça, autant le faire chez soi ; du balai ! C’est 100 fois mieux le théâtre ou encore les contes récités. Ici je ne vois pas l’intérêt ; c’est totalement IN SU FFI SANT.

- Mais non, vieux grincheux, c’est de la lecture animée en groupe. On n’est plus dans le giron familial. L’enfant est concentré, avec la possibilité de ramener un livre prêté par l’association à la fin de séance. 3 éléments importants sont à noter dans la démarche :

  1. L’enfant écoute la lecture, le texte, le livre.
  2. L’enfant fait face à la lectrice, la comédienne, la spécialiste de la petite enfance.
  3. La maman, ou le papa, est à ses côtés.

- D’accord c’est peut être une préparation à la culture de l’enfant mais, l’espoir fait vivre. Elles sont au pied du mur, les faignasses ! Je leur souhaite bon courage, avec les I phone, les PC portables, les jeux vidéo… Autant déposer les armes tout de suite !

- Non, non, non, vous oubliez aussi qu’elles lisent dans le cadre scolaire devant les classes entières du groupe scolaire adéen. Les enseignantes sont à leurs côtés. Je ne vous permets pas de les traiter ainsi , elles ont la foi et sont soutenues à fond par le Bureau d’A.D.E. Vous êtes un grossier personnage !

- Bon, mais alors le best, le top, c’est quand même, l’Atelier d’Ecriture, et ça Amédée, tu ne vas pas me contredire : c’est de la supercherie !

- Pourquoi donc ?

- Un animateur amateur et quelques « écrivants », en tout et pour tout ! Des feuilles de papier, des stylos, point !  On est dans la sobriété monastique, c’est de l’ascèse transcendantale ! C’est l’école qui recommence, avec des devoirs et des exercices. Ras le bol ! C’est une obsession, avec des grands enfants qui n’en ont jamais assez !

- Monsieur Ronchon, je crois hélas que vous n’avez encore rien compris. L’animateur suit un fil conducteur, qui s’appelle  l’atelier d’écriture partagée. Tout ce qu’il y a de plus sérieux, puisque c’est une méthode approuvée. Animer un atelier d’écriture, c’est aller à la rencontre les uns des autres, apprendre à se découvrir soi-même en apprivoisant les mots. On fait naitre une véritable dynamique de groupe fondée sur la confiance et le respect des autres comme de soi-même. Il parait qu’ils ont abordé des auteurs comme Pérec, Handke, Vian ou Borges.

- Et alors ? Avoue, mon jeune ami, que ça ressemble à l’Ecole. De toute façon, l’écriture, ça reste une œuvre solitaire obligatoirement. Y a pas à tortiller…

 - Oui, mais là, l’intérêt est d’écrire en groupe. A la fin de l’année, chaque membre reçoit un recueil de tous les travaux. Sympa, non ?

- Bon, c’est du travail collectif, mais qui me tient le crayon en écrivant à ma place ? Je ne saisis pas toutes ces subtilités. Ras le bol de ces simagrées !

- Monsieur Ronchon, il va falloir vous camer, pardon, c’est un lapsus… vous calmer ! Vous n’arrêtez pas de maugréer, bougonner, rognonner. Vous me faites penser à Louis de Funès, Jean-Pierre Bacri ou Jean Yanne dans leurs meilleurs jours. Allez faire un petit tour en montagne, ça vous fera le plus grand bien.

- Non merci, la dernière fois que j’y suis allé, une vache m’a chargé.

- C’est surement parce que vous êtes toujours rouge de colère !... (Clin d’œil)

 

 

Publié dans quotidiens

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