Nouvelle : Un amour… sans bornes (1)

Publié le par J. C.

 

Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

1

 

« Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre… »


Qui n’a rêvé ainsi d’un grand amour, sincère, passionné, idyllique, durable ? Qui n’a souhaité vivre personnellement une aventure sentimentale particulière, exceptionnelle, extraordinaire, hors du commun ?


C’est exactement ce qui arrivait à nos deux jeunes gens, Flora et Odilon. Mais en avaient-ils vraiment et déjà conscience ? Cela est sans doute une autre histoire…


Dans la ville universitaire dans laquelle l’un et l’autre terminait de longues études, ils s’étaient rencontrés puis avaient appris à se connaître et, au bout de quelque temps, s’étaient réciproquement appréciés.


Elle, achevait sans difficulté aucune ses dernières années de médecine et se préparait par choix, détermination vers une pratique généraliste. L’approche d’une vision globale du malade lui semblait plus intéressante, plus appréciable pour porter un diagnostic pertinent  que ne peut l’être, du moins à ses yeux, la recherche pointue, très spécifique  résultant de telle ou telle spécialité.

 

Lui, comme beaucoup de jeunes de sa génération, avait choisi de se former et d’acquérir de solides compétences en informatique. Et précisément il avait prouvé ses capacités d’analyse, de logique, d’abstraction, de conception. Toujours très rigoureux dans sa démarche comme très consciencieux dans son travail, il n’avait pas eu, assez récemment,  de mal à trouver un emploi qui lui plaisait et dans lequel il savait aussi s’impliquer totalement et dans l’urgence quand il le fallait pour faire face aux différents problèmes du jour. Il est vrai que ce secteur, toujours en expansion, offre, surtout dans les grands centres économiques, encore de réels débouchés surtout pour ceux qui tirent leur épingle du jeu.

 

Ainsi après plusieurs mois de rencontres régulières et fréquentes, de vie estudiantine riche culturellement de lectures et débats argumentés, de soirées amicales festives et animées, ils avaient décidé, estimant se connaître suffisamment, de vivre ensemble.

 

Éperdument amoureux, ils se retrouvaient tous les deux dans le trois pièces qu’occupait déjà Flora puisque ce bien immobilier appartenait à un de ses oncles qui, lui, avait accompli pratiquement toute sa carrière professionnelle dans cette capitale régionale. Et, avec beaucoup de plaisir, il lui louait pour une somme plutôt symbolique, dérisoire même  en comparaison des loyers pratiqués habituellement sur le marché.

 

Avec l’inconscience caractérisant toute jeunesse, sereins quant à leur avenir, ils débutaient leur vie à deux sous les meilleurs auspices. Leur aube commune s’annonçait effectivement claire, éclatante, flamboyante !

 

Même leur grand amour, leur passion n’entravait point leur ouverture d’esprit. Pourtant, généralement, quand l’amour fou l’emporte, le regard de tout être humain se réduit, se limite ! Et, inconsciemment, le monde se referme petit à petit ! Et l’espace, également sans y prendre garde, se confine ! Et qui vit, et à tout âge, de tels échanges, de telles périodes, n’y échappe pas ! Et comme l’amour rend aveugle, souvent la flamme brûlante réchauffe les cœurs puis les brûle petit à petit avant de les consumer… à terme !  Mais, d’abord, dans le présent, que tous ces moments-là sont merveilleux ! Ne sont-ils pas des tranches de bonheurs quotidiens auquel tout être aspire ? Et tant mieux que ce temps des amours comble joyeusement les intéressés le plus longtemps possible ! Car ce temps-là ne s’envole-t-il pas souvent trop rapidement ? Qui d’ailleurs, comme le poète, n’a souhaité en « suspendre le vol », en « retenir la nuit… » ?

 

Flora et Odilon n’avaient cure de toutes ces évidences qu’apportent l’expérience, le vécu. Jour après jour, simplement, très naturellement, ils souriaient à la vie comme elle leur souriait, le leur rendait bien.

 

(A suivre)

 


 

Publié dans culturels

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