Nouvelle : Un amour… sans bornes (3)

Publié le par J. C.

 

 

 

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Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

3

 

Punaisé le soir même avec application sous le petit billet précédent, cette « lettre » réplique, comme il fallait s’y attendre, ne resta pas très longtemps à la vue des habitants pourtant concernés. Dès le lendemain matin, quand nos deux tourtereaux descendirent, ils constatèrent que les deux « papiers » avaient été, sans mot dire, plutôt arrachés que retirés puisque deux des coins du joli papier à lettre déchiré se trouvaient encore sous les punaises utilisées la veille au soir.

 

L’effet avait été immédiat : l’instigateur (ou l’instigatrice) de ce mouvement d’humeur n’avait, semble-t-il, nullement apprécié la réponse qui lui avait été faite et s’était empressé d’enlever toutes traces de cet échange pittoresque. Dommage se dirent aussitôt Flora et Odilon en se quittant sur le trottoir car ils auraient souhaité que tous les autres habitants puissent lire également leur prose. N’explicitait-elle pas sans circonvolutions le sens qu’ils donnaient à leur vie ? Oui, quel dommage !  

 

Mais ils oublièrent, l’un et l’autre, rapidement cette futile péripétie. Ne faut-il pas savoir n’attacher de l’importance qu’aux choses intéressantes, primordiales, essentielles ?

 

Par contre, de temps en temps, ils aimaient bien, l’un et l’autre, aller passer le week-end chez les parents de Flora qui habitaient un village au pied des Pyrénées. En effet, bien que natif de la région parisienne, Odilon avait de suite eu un coup de cœur aussi pour ce village typiquement pyrénéen au sein duquel, encore, en ce début de 21ème siècle, on pouvait constater que ses habitants privilégiaient nombre de valeurs humaines, et quoiqu’on en dise, toujours d’actualité, prisées : respect, solidarité, bon sens terrien, convivialité… D’ailleurs, ce sont ces mêmes valeurs qui animent les bénévoles et joueurs du club local de rugby et qui contribuent, dans la durée, à sa belle aventure sportive.  Mais est-ce pour cette fraternité villageoise ou bien, plus prosaïquement, pour le formidable accueil par « sa » nouvelle famille qu’il se faisait toujours un plaisir de se rapprocher des montagnes ? Qu’importe ! Ils revenaient régulièrement « au pays » ! Et outre la famille, ils y rencontraient chaque fois des anciennes copines de Flora qui, elles, n’avaient pas voulu quitter le pays et y vivaient, parfois, avec quelques difficultés. C’est que si toute la région attire, été comme hiver, de nombreux touristes, les débouchés professionnels pour les jeunes y restent assez limités et les emplois saisonniers n’apportent pas des revenus annuels. Lapalissade, certes mais qui, sur place, reste un handicap pour bon nombre d’autochtones.

 

Ainsi les mois, les années même défilaient car le temps, comme souvent, passait trop vite à leur goût. N’est-ce pas ainsi que des personnes, et plus qu’on ne suppose,  se retrouvent âgées, vieilles… avant que d’avoir vraiment vécu ?

 

Eux, sans surprendre leur monde, pour marquer le cinquième anniversaire de leur rencontre, décidèrent de franchir la Méditerranée pour visiter un pays du Maghreb et de découvrir les portes du désert, les premières dunes de sable. Ils entreprirent ce voyage, leur premier grand voyage commun, un peu avant l’été. Et ils en revinrent enchantés. Comment ne pas l’être par la beauté de tous ces paysages magnifiques, grandioses, inoubliables ? Comment ne pas l’être par le trouble que vous laissent le désert de sable chaud, les dunes qui s’étendent à perte de vue ? Comment ne pas l’être par les effets, les impressions que dégagent les symphonies de couleurs vives et pures ? Et que dire des gens ? Souvent très hospitaliers, surtout dans les « bleds ». Même si le tourisme, comme partout, a également, sur les populations, les enfants, son revers de médaille. Pour un réel dépaysement, cela en fut un ! Ce qu’ils cherchaient, justement !

 

A leur retour, ils accusaient un peu de fatigue. Surtout, lui… avec, en outre, quelques douleurs dans une jambe, le dos. Mais après ces deux semaines torrides, aux températures inhabituelles, suffocantes, il fallait laisser le temps au temps pour récupérer tranquillement de toutes ces saines fatigues d’autant que la reprise du travail avait été immédiate.

 

Mais un mois plus tard, Odilon se plaignait encore certains jours d’une fatigue chronique qu’il ressentait presque en permanence et dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Parfois, et sans avoir augmenté au quotidien son nombre de cigarettes, il était pris d’une toux profonde, sèche.

   

Pour autant, leur vie, leur « vrai vie », continuait, enrichie de tous ces derniers et merveilleux souvenirs qu’ils partageaient avec leurs amis, de belles et nombreuses photographies à l’appui.

 

 

 

(A suivre)

 


 

Publié dans culturels

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mg 18/07/2011 11:57


y a t-il des bornes, en amour?