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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 08:11


Article précédent : Regards philosophiques (6)

 

« A-t-on encore la capacité de s’étonner ? » (2)


 L’étonnement est une nécessité pour accéder à la connaissance. On a besoin de s’étonner pour qu’il y ait questionnement, pour appréhender et tenter d’expliquer de façon rationnelle ou pas tous les aspects du réel. L’étonnement est le principal moteur de toutes les propriétés cognitives. Chacun va trouver de l’étonnement dans les domaines les plus variés. Partout il y a matière à s’étonner. Sainte Thérèse d’Avila  disait : «  Vous trouverez Dieu au fond de la casserole » ! Du plus prosaïque au plus sublime, du plus ordinaire au plus extraordinaire, tout peut être source d’étonnement.

 

Les enfants, qui s’étonnent beaucoup, posent toujours la question : « Pourquoi » ? La réponse univoque des parents est souvent : « Parce que !». Ils expliquent jusqu’au moment où ils sont à court ou lassés et ils en reviennent au « Parce que ! », puis plus rien ; l’autorité parentale vient de résoudre un problème et ce qui peut nous nous étonner sera le « Parce que ! ». Un étonnement, finalement, c’est l’interrogation qui amène normalement à poser une question.

 

L’étonnement, disons-nous, est propre aux humains, mais voici mon témoignage : J’avais recueilli un chien à la SPA et, pour un voyage, j’avais du le confier à un chenil. Le jour où je suis allée le rechercher, le chien, qui jouait, tout à coup m’a vue ; il s’est arrêté un moment, comme très surpris, son regard marquait l’étonnement, peut-être pensait-il qu’il ne me reverrait pas,  puis il a couru vers moi. Cette image est toujours présente. C’est lui qui m’a étonné !

 

            Le « comment » : c’est ce dont nous parlent tant Platon qu’Aristote, puisque c’est origine et source de curiosité, puis d’étude. Et voilà que l’on creuse les « pourquoi » : on rentre dans l’infinie série des causes, en faisant parfois cette erreur que dénonce le philosophe : « Des causes semblables nous attendons des effets semblables » (Hume, dans l’Enquête sur l’entendement humain). Ce que nous savons depuis Epicure, par exemple avec la déclinaison des atomes, c’est qu’il y a, à un moment donné, une divergence, un imprévu, un étonnement qui crée quelque chose de différent, qui fait prendre aux évènements une autre direction. Heureusement qu’il y a ces étonnements, sinon nous serions dans une société figée, scientifiquement comme intellectuellement.

 

             L’étonnement semble lié à la propension à s’émouvoir. Il y a des tempéraments froids, stoïques, que rien ne surprend ; il y a parfois des personnes blasées, que rien n’étonne, qui peut-être se protègent ainsi des émotions. C’est même une philosophie figée, égocentrique, de détachement, « l’apathie » que préconisent  les stoïciens, autrement dit : prendre l’habitude de recevoir d’accepter les choses comme elles arrivent, d’accepter ce destin, car il est inscrit dans un ordre naturel. La philosophie taoïste nous appelle aussi à refuser l’étonnement, à un certain détachement en regard de ces situations exceptionnelles de la vie. A moins que ce soit pur manque de réaction, pure passivité, inaptitude au singulier, par esprit moutonnier. Mais nombreux sont ceux qui sont réactifs. Nous sommes des Latins, avec ce qui nous caractérise, la propension à l’émotion, à l’étonnement ; autrement dit, cela fait partie de notre spécificité, cela nous rend, certes, réactifs, mais cela nous rend aussi créatifs, ce qui fait que nos émotions, nos étonnements sont aussi  une source de la culture.

 

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs,

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafephilo.over-blog.net/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 08:12


Article précédent : Regards philosophiques (5)

 

« A-t-on encore la capacité de s’étonner ? » (1)


Du latin « extonare », signifiant frappé de la foudre, du tonnerre,  l’étonnement fut de nos premières émotions fortes hors de nos schémas de compréhension immédiate. Ce furent d’abord les phénomènes de la nature, les éléments inexplicables. L’homme, dans l’enfance de son humanité, s’étonne de cette puissance, de son agencement, de l’intelligence de la nature. Ce sont alors les questions : Comment ? Pourquoi ? Quelle cause ? Quelle origine ? Là, il y a deux comportements possibles : l’un, qui consiste à se contenter de ce que disent les anciens, la coutume, qui évoquera des forces, des êtres mythiques ou toute autre explication échappant à la rationalité, et qui s’en contente, qui serait celui qui reste dans la « caverne ». Puis un autre comportement, celui du philosophe, soit  une recherche plus  rationnelle, par la logique d’une cause au-delà de l’apparence sensible : «  S’étonner », nous dit Platon, « voilà un sentiment tout à fait philosophique. La philosophie n’a pas d’autre origine ». S’étonner, dit-on, est chez le philosophe « le premier symptôme de l’ignorance » ; c’est le tonus du besoin de comprendre. Le philosophe cherche à expliquer nos étonnements, mais, hélas, bien souvent la recherche finira au  rayon de la métaphysique. Alors sont venus les scientifiques, tout aussi prompts à s’étonner et  curieux eux aussi, donc amenés à donner des réponses là où il n’y avait que mysticisme, ceci avec le risque de tuer la métaphysique, de réduire par là à peu de chose notre capacité à nous étonner : « La science déconstruit les mythes, les idoles, et désenchante le monde » (Nietzsche). Ce qui peut nous étonner, c’est que nous nous étonnons d’une chose et que ne nous nous étonnons pas d’une autre. Mais l’étonnement n’a peut-être pas que des aspects positifs. S’il découle d’une carence de connaissances, d’une faiblesse de jugement, autrement dit de naïveté  primaire qui se rapproche de la stupidité, celui-là même qui est stupéfait (même racine que stupide) devient alors une proie facile. Par manque d’esprit critique, il va gober tous les boniments. Alors les étonnements sont-ils assimilables aux émotions ? Sont-ils des émotions constructives ou des émotions négatives ? Sont-ils des moments spécifiques de la vie, des marqueurs ? Sont-ils capables de générer l’action ? Sont-ils sources de connaissance ? Quel rôle peut jouer la  société de l’image sur nos émotions ? Quelle incidence a sur l’aptitude à l’étonnement  le fait de  tout pouvoir acheter et de tout pouvoir vendre ?

 

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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 08:12


Article précédent : Regards philosophiques (4)

 « Choisissons-nous notre vie ? » (suite - 5)

 

Texte de Guy : « Tout ne fut que rencontre dans ce monde indiscret. La vie est belle, pourquoi le dire avec gravité, pourquoi le dire avec tristesse. La vie n’est que la vie, ce qui est immense. La vie, c’est un petit rien qui cherche à durer, c’est un homme, c’est une femme, un oiseau qui s’envole. La vie, cela s’accepte, cela se combat. La vie, c’est de la poussière qu’on a dans les yeux, homme mobile qui marche au soleil. Tu dois vivre ta vie. »

 « Il faut vivre la vie qu’on a imaginé », écrit l’Américain Henry David Thoreau (1817-1862). « Il faut aller voir dans la direction de ses rêves… ; prends tes désirs pour la réalité, fais de telle sorte que tes rêves puissent être déterminants, ne renonce pas à tes rêves… ; si vous avez bâti des châteaux en l’air, votre travail ne sera pas forcement perdu, c’est bien là qu’ils doivent être ; maintenant, il n’y a plus qu’à placer les fondations dessous…. ». Thoreau nous dit là que nos choix de vie doivent comporter une part d’idéal, d’utopie même ; c’est l’objectif à partir duquel on va mettre en œuvre les moyens pour y parvenir. C’est, nous dit-il, dépasser le réel pour créer son projet de vie.

 

La vie n’est que choix incessants ; on pourrait la comparer au jeu d’échec, avec, au départ, des milliers de combinaisons dans le cadre des règles du jeu, valeurs, lois, usages ; chaque coup joué oriente le cours de cette vie, mais, comme aux échecs, on va se trouver devant des coups que l'on n’attendait pas. Et, entre ce que je suis et ce que j’aurais voulu être, il y a ces milliers de coups qui étaient à jouer, il y a une suite de contingences, qui ouvraient ou fermaient les voies possibles : «L’existence est un chemin et ce cheminement implique un choix continu »(Arturo Pérez Reverte. La reina del sur). Dans ce domaine, l’aide de la philosophie dans nos choix de vie n’est pas qu’introspectif, ce n’est pas que construction de soi ; nous sommes nous et nos circonstances. Ce sujet pouvait tout aussi bien se conjuguer au pluriel, nos choix n’engagent pas que nous-mêmes ; tous nos choix engagent les autres, c’est pour cela que les choix individualistes, les choix égoïstes de toute sorte sont très nocifs pour la société. Choisir notre vie, c’est choisir ensemble la société que nous voulons pour demain pour nous, pour nos enfants. Des impératifs liés à l’environnement vont très vite nous obliger à faire des choix, On ne fait pas société tout seul, nous ne choisissons pas notre vie, si nous refusons de faire les choix collectifs. Là aussi, nous sommes responsables : « L’homme détermine la société et non l’inverse. » (Cai Chongguo, professeur de philosophie chinois en exil).

 

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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 08:14



Article précédent : Regards philosophiques (3)

 « Choisissons-nous notre vie ? » (suite - 4)

 

 

 « Un homme tirait au sort toutes ses décisions, il ne lui arriva pas plus de mal qu’aux autres » (Paul Valéry).

Poème de Florence :      

 Choisissons-nous notre vie ?

Lorsqu’on vit sur des rails, choisit-on l’aiguillage ?

Et le train-train des jours, et le fil du destin

Des choix que l’on croit faire, au ressort clandestin

Des élucubrations d’une Pythie sauvage

Et si j’ai déchiffré son cruel babillage

Et que j’ai fuit en vain le duel intestin

De mon rêve enfantin et du vieux cabotin

Chaque jour avalé m’a mise en esclavage

Et le jour où l’on tranche à deux mains d’un seul coup

Tous les nœuds emmêlés, noués comme un licou

Est-ce vraiment notre choix ou le destin qui ruse ?

Ainsi feront toujours les petites marionnettes

Si le pantin c’est moi, qui pleure et qui s’amuse

Je ne sais toujours pas qui manie les manettes

 

Finalement, dans nos choix, dans notre vie, il y a beaucoup de paramètres que l'on ne maîtrise pas. Est-ce à dire pour autant qu’un autre ou un Autre les maîtrise par ailleurs?  Notre vie est en perpétuel devenir et de ce fait on ne sait pas à un moment donné si l'on fait vraiment un choix ou si l'on réalise un projet préalable. Notre vie advient et il nous appartient de l'accueillir en disant des « Oui » ou des « Non » et en réagissant à l'événement.

 « Pour prendre une décision il faut  être un nombre impair de personnes, et trois c’est déjà trop ! » (Georges Clémenceau).      

 Paroles de la chanson, « Vida » (traduction par G-L P.) :

« Personne ne choisit sa famille / ou sa race lorsqu’il naît, / ni être riche, pauvre, bon, mauvais, / courageux ou lâche. / Nous naissons d’une décision / où nous ne fûmes pas consultés / et personne ne peut nous promettre le résultat. /

Lorsque nous naissons, nous ne savons / même pas notre nom, / ni quel sera notre voie, / ni ce que nous cache le futur. /Et entre le baptême et l’enterrement, / chacun se fait un chemin, / et avec ses décisions : un destin! /

Nous sommes une carte à jouer de plus / d’un jeu initié par d’autres, /  et chacun va la jouer / selon la main qu’il a héritée.

La vie est une porte / où l’on ne te fait pas payer pour entrer ; / et ton âme est le ticket qu’après avoir vécu / on t’arrache comme prix à payer. /

Et chaque pas est une trace, / et chaque trace  est une histoire. / Et chaque hier est une étoile/ dans le ciel de la mémoire. /

Et les marées du temps qui passe/ apportent, emportent, nos contradictions. / Entre retours  et départs, / elles cicatrisent nos erreurs. /

Et chaque ami est la famille, / famille choisie parmi les étrangers. / Entre l’espoir et la rencontre, / chacun apprend avec les ans / que seulement à la conscience / répondra notre esprit ; / que c’est une chose d’être un mâle, / que c’en est une autre d’être un homme. /

Personne ne choisit sa famille / ou  sa race lorsqu’il naît, / ni être bon, mauvais, gracieux ou vilain, / innocent ou coupable. / De la naissance jusqu’à la mort, / toute la vie est une question. / De notre volonté seule, dépend la réponse. /

Je rêve d’un monde différent / où notre amour jamais ne finit. / Un monde où / jamais nous ne nions la raison des autres, / où jamais nous n’oublions de donner la main / à celui qui est en arrière. / Et celui qui sait un peu plus / l’enseigne aux autres / pour que tous de la vie / nous sachions un peu plus. »

 Paroles de Julio Iglesias (Musique de Rubén Blades).

 

 

(A suivre)

 

 

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 08:13



Article précédent : Regards philosophiques (2)

 « Choisissons-nous notre vie ? » (suite - 3)

 

On est gouverné par notre inconscient ; même avec tous les atouts, on fait des mauvais choix répétés. Je suis frappée de voir les mêmes personnes refaire, reconduire les mêmes erreurs, comme dans des choix amoureux.

Chaque être humain utilise en principe son intelligence, réfléchit à ce qui lui semble bien, ou mal avant d’agir, bien ou mal pour lui : « Dans tout homme il y a une tendance qui le porte à développer sa vie même aux dépens des autres et à étendre sur eux sa domination » (Nietzche).  Dans notre vie il y a des choses que nous choisissons et d’autres que nous ne choisissons pas : comme naître dans telle famille, tel pays, tel milieu social ; nous ne choisissons pas notre physique, ni nos gènes. Par contre, il nous appartient de faire le choix de ce que nous voulons devenir, d’aller dans un sens plutôt que dans un autre et de comment agir pour y parvenir. La vie n’est pas figée de la naissance à la mort ; on n'est jamais exactement sur le même chemin. Enfant, on imagine : je voudrais être ceci ou cela ! Puis, il faudra prendre des décisions, exercer sa volonté. Parfois, l’adolescent peut se sentir pris au piège de son milieu, de sa famille ; il veut échapper au piège, partir, oser, se pousser, prendre des risques, puis assumer pour réussir sa vie et, si les choix sont bons, un jour il entendra : « Toi, tu as de la chance ! »

L’individu est fait des circonstances, des contingences, qui jalonnent sa vie. Le chemin de la vie est fait de nos désirs, de nos envies, mais il subit les contraintes de la réalité. Il est aussi le résultat de ces choix lors de circonstances, le résultat de milliers de choix; choix parfois importants, choix parfois a priori anodins, mais toujours avec une conséquence, comme un « effet papillon ». Avec ces milliers de petites bifurcations, ce sera pour chacun notre chemin de vie. Ce que nous sommes, ceux que nous fréquentons, le fait d’être là ce soir à converser ensemble, tout cela n’est que le fruit du hasard, le hasard d’avoir vu une annonce, une affichette qui parlait du café-philo, sujet qui ne nous intéresse pas par hasard, donc être là ensemble n’est pas totalement le fruit du hasard. Dans un café-philo précédent sur le thème «  La vie est-elle un roman? », je retrouve : « Cette histoire qui s’écrit en la vivant, nous en sommes acteurs, mais aussi auteurs, et notre histoire dépend en grande partie de notre aptitude à orienter notre vie, à oser ouvrir nous-mêmes de nouveaux paragraphes, et cela dépend aussi de la fantaisie dont chacun a besoin dans sa vie ». Cette histoire-là nous l’écrivons, mais cela ne se fait pas sans cas de conscience, car, parfois, choisir, c’est quitter. Il y a des choix déchirants, des engagements qui bouleversent, qui engagent au-delà de soi-même ; ce sont des instants charnières de nos vies. Et puis chacun de nous, regardant en arrière, fait encore des choix, choix inconscients parfois, entre ce que nous aurions choisi ; on retrace le chemin, on choisit presque son passé !

Choisir c’est difficile, difficile au point que parfois on fait  tout pour ne pas choisir ; on se situe alors dans le non-choix, qui est une forme de choix. C’est quand on a envie de ne pas se positionner, car choisir a sa part d’arbitraire. Quant à nos choix de vie, à chaque instant on est devant un choix, le faire ou ne pas le faire? Parfois, on fait seulement pencher la balance du côté du moindre mal ; ce sont des choix par économie de souffrance. On ne choisit pas le bien, l’idéal, la perfection, le mieux à chaque instant; ce qui n’empêche pas parfois de faire des choix sensationnels et d'autres plus timides. Pour être en mesure de faire ses choix, il faut aussi travailler sa liberté, l’exercer. Aujourd’hui, en revoyant mon parcours, je me sens plus en accord avec mes choix. Avec le temps, je choisis de plus en plus ma vie.

Plusieurs citations de philosophes répondent pour partie aux dernières interventions : « Quand nous disons «  l’homme est responsable de lui-même », nous ne voulons pas dire que l’homme est strictement responsable de sa propre individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes, ainsi notre responsabilité est beaucoup plus grande  que nous pourrions le supposer, car elle engage l’humanité entière » (Jean-Paul Sartre. L’existentialisme est un humanisme. 1946). Ou une autre approche, celle de Montaigne : « Etre libre et décider de son existence, c’est être libre de réaliser ce que la vie nous détermine à être. La vraie liberté, c’est pouvoir toutes choses sur soi ». Ou ce que nous dit  Spinoza dans Ethique, quant à notre réelle liberté et autonomie  de choix : « Les hommes se trompent quand ils se croient libres ; cette opinion consiste en cela seul qu’ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés ».

 

(A suivre)

 

 

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