témoignages


Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /2009 08:15


Magasin, j’y ai fait mes armes

Mes débuts professionnels.

Magasin, j’y ai connu les larmes,

Des rapports passionnels.

 

Magasin, j’ai ri, tant que j’ai pu,

En écoutant mes aînés,

Raconter  leur vécu,

Sous forme romancée.

 

Magasin, des peines j’ai connu

Des trahisons intestines.

Du courage, il m’a fallu,

Pour déjouer  flèches si coquines.

 

Vis, boulons et gros écrous

Joints, câbles et roulements

Magasin, il faut de tout,

Compter, peser en même temps.

 

Sept ans, il m’a fallu

Pour sortir de ce trou.

Sept ans j’ai attendu

Pour, tunnel en voir le bout…

 

Si je vous parle de cet endroit

C’est que mon cœur en est empli.

Si je suis noir et triste parfois,

 Le magasin est dans ma vie ;

 

Des bons amis, j’en ai gardé.

Mêmes cris, mêmes colères,

Un regard suffit pour se parler,

Derrière nous, est la galère.

 

Par M. G. - Publié dans : témoignages
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /2009 08:09

                                                                    Suite de L'habit ne fait pas le moine (1/2)

A ce moment, je sens le censeur, d’un air méprisant, me pincer de deux doigts, le blouson à hauteur de l’épaule droite et me tirer hors du rang avec ces paroles cinglantes que je n’ai jamais oubliées : « Qu’est-ce que c’est que cette tenue ? Un blouson de garçon ? Des galoches en guise de chaussures de ville ! Filez en étude, je vous y rejoins ; nous avons à parler. Les autres, vous pouvez y aller. »

En effet, c’était bien un blouson de garçon bleu marine, propre mais qui avait appartenu à l’un de mes frères et qui était devenu trop petit pour lui.

Sans pleurer, plutôt en colère de cette injustice, je lui ai expliqué que j’étais la onzième d’une famille de douze enfants et que mes parents n’avaient pas les moyens de me constituer le « trousseau » demandé, exigé. Immédiatement, des excuses m’ont été présentées et le nécessaire à même été fait pour m’accorder une bourse d’équipement. Mais rien, même le temps, n’a effacé ce dédain de ma mémoire. C’était trop tard !

Souvent quand je suis déprimée, je me pose encore la question de savoir si le prix d’internat obtenu à la fin de l’année avait été mérité ou si, sous une forme déguisée, cela n’était pas au contraire de nouvelles excuses pour la maladresse précédente,  d’un censeur trop zélé.

Il est vrai que lors des récréations s’il m’arrivait de faire le pitre souvent, je jouais avec les petites de sixième qui pleuraient et je restais à leur écoute. De même, au réfectoire, je me mettais en bout de table et je veillais à ce que toutes mangent bien. J’étais quelque peu leur grande sœur !

Ma mère venait au marché à Tarbes tous les qquinze jours et prenait, comme elle disait dans sa langue, « la caminette » pour venir me rendre visite. Et quand on m’appelait au parloir, j’étais folle de joie même si ma maman ressemblait plus à une mamie qu’aux autres mamans.

Elle, je le sais, était fière de moi, sa troisième fille qui faisait des « études » alors qu’elle ne savait pas lire.

Ce vécu douloureux m’a fait comprendre très tôt qu’il ne faut pas juger une personne sur son apparence.

Par A. B. - Publié dans : témoignages
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 08:10


Le fait que je vais narrer m'est encore et toujours douloureux aujourd'hui.


Quatorze ans ! Ça fait la deuxième saison que je travaille pendant les vacances scolaires dans un hôtel, rue Basse, à Lourdes, comme plongeuse.

Cette année-là, je ne pourrai pas continuer jusqu'au Rosaire car la rentrée au lycée Marie Curie aura lieu au tout début du mois d'octobre.

Pensionnaire, je me retrouve parachutée après  le certificat d'études en classe de quatrième Commerce, avec des élèves qui ont fait leur sixième et cinquième, ensemble, dans ce même établissement.

Le problème n'est pas là mais c'est la longue liste d'achats qu'il faut faire pour constituer le « trousseau » et l'achat des livres et cahiers qui me gène par rapport à mes parents.

Nous voilà avec maman, âgée et fatiguée, parcourant la rue Maréchal Foch à Tarbes pour ce fameux « trousseau » et ce molleton que nous ne trouvions nulle part... Qu'est-ce que cela pouvait être ? Il eût fallu être tout simplement plus simple en désignant la « chose » : une protection matelas. Enfin passons...

Prête, le nœud à l'estomac, voici la rentrée...

J'ai de la chance. Plusieurs élèves de ma classe sont, elles aussi, pensionnaires ; nous serons, donc, en étude ensemble.

Les surveillantes sont sympathiques et disponibles pour répondre à mes questions et m'aider dans mon organisation.

Pour moi, les heures d'étude n'étaient pas suffisantes. Je devais « bûcher » sous les draps... en m'éclairant à l'aide d'une lampe de poche.

Voici venir le premier jeudi, jour de promenade...  Première sortie en ville... Dans la cour, immense devant le haut portail en fer peint en gris, ouvrant directement sur le trottoir et la rue, nous sommes en rang, deux par deux. Le censeur passe en revue le long serpent d'adolescentes avec leurs chapeaux identiques, des tenues bleu marine, des chaussettes blanches et des chaussures de ville. Devant la colonne, une « pionne » accompagnatrice, derrière, une deuxième fermant la marche.

                                                                                                          (A suivre)


Par A. B. - Publié dans : témoignages
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 08:12

Une page est tournée... 


Mon Père est de retour à la maison, et la vie reprend tout doucement son cours. L'heure du départ a sonné pour moi et il est temps de regagner mes pénates dans ces belles Pyrénées où mes enfants et mon mari m'attendent.

J'ai aimé ces quelques jours au pays de mon enfance. Je chéris cette région, ses vallons boisés, ses prairies en pente douce et ses ruisseaux limpides. A chacune de mes promenades, je m'en suis émerveillée. Tant de souvenirs y sont rattachés. Cela n'a pas été un simple retour sur le passé. Toutes ces évocations constituent mon identité. C'est là-dessus que je me suis construite.  Le socle de mes souvenirs familiaux, les histoires, les faits marquants, les rites, tout  s'est construit dans mon enfance. Cela a été pour moi un moment de recueillement  et d'introspection. Tous les objets que j'ai revus et les endroits où je suis allée, ont été de véritables déclencheurs de mes souvenirs. J'ai relu ma propre histoire. Je ne suis pas nostalgique  de ce qui était avant. Il faut savoir tourner la page. Je regrette seulement l'innocence de l'enfance pendant laquelle on est avec ceux qu'on aime et on pense que cela durera toujours. La famille était un monde clos, sécurisé, un univers stable.  Je pleure aussi l'insouciance de l'adolescence où on ne se sent pas trop concerné par les problèmes dans le monde pourvu qu'ils ne détruisent pas le nôtre, plein de copains et de copines.

Aujourd'hui, les valeurs et les comportements sont différents. Les révolutions scientifiques et les nouvelles technologies ont accéléré. Le temps rapide a succédé au temps où on prenait le temps. C'est là mon plus grand regret.


Par B. B. - Publié dans : témoignages
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Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /2009 08:14


Vendanges...


Après un bon repas dans l'ambiance feutrée  du petit restaurant, nous repartons vers Rouillac rendre une petite visite à des amis.

 Au sommet d'une colline couverte de vignes, le beau porche en anse de panier, encadré de colonnes ioniques, s'ouvre sur une demeure charentaise de pur style. La ferme est une vraie ruche où des tracteurs tirant des remorques pleines de raisin se délestent de leur précieux chargement dans d'immenses cuves. Ils repartent sans perdre de temps vers les coteaux où les vendangeurs s'affairent. Le pays est gonflé du parfum des grappes. Des nuées d'insectes voltigent autour des tas de râpe.  Nous prenons la direction des vignes où des lambeaux de bruine restent accrochés. Le soleil a du mal à s'imposer. Les feuilles, encore humides, lancent des éclats. Nous entendons les appels des vendangeurs pour vider leur panier dans la hotte des porteurs. Au passage, je croque quelques grains qui éclatent dans ma bouche. Des guêpes bourdonnent autour des ceps. Les travailleurs se plaignent de lancinantes douleurs dans les jambes pliées, dans les dos courbés et dans les bras qui portent. Les mains ne sont pas en reste : toute la journée, il faut chercher parmi le feuillage, couper la lourde grappe avec le sécateur, la déposer dans le panier, fouiller encore, vérifier puis passer au pied suivant. Les rangs paraissent interminables. Une averse vient soudain s'abattre sur la campagne, et les gouttes piquantes crépitent sur les feuilles et sur les cirés promptement enfilés. La terre colle en plaques sur les bottes alourdies. L'eau glacée coule jusque dans les emmanchures. Les raisins collent à la peau et refroidissent les mains rougies.

Heureusement, le soleil revient vite et réchauffe les corps endoloris, et le travail s'accomplit dans la bonne humeur.  Quelques jeunes hommes en profitent pour barbouiller le nez et les joues des filles.  Des blagues fusent. Mais chacun se hâte pour terminer la parcelle avant la nuit. Les premières gelées ne sont plus très loin. Bientôt, les vignes seront toutes blanches de gelée et le travail deviendra encore plus pénible, et le sécateur encore plus glacé dans les doigts engourdis. Le dernier jour, l'ultime remorque de raisins sera décorée avec des rubans et un genévrier sera planté à son sommet. Ce sera alors une immense fête à la ferme où le vin nouveau, le pineau et la vieille eau de vie rendront les regards pétillants et les joues rouges.

A consommer avec modération, bien entendu !!!


Par B. B. - Publié dans : témoignages
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